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Carnet de voyage

La boucle Alsace/Moselle/Sarre par Mr Charton

Découvrez ce magnifique reportage créé par Mr Bernard Charton.

En 2012, ce dernier a effectué une boucle de 3 semaines autour de l’Alsace sur un Nicols Confort 900. Il nous fait le plaisir de partager ses rencontres et ses découvertes à travers ce véritable « carnet de voyage fluvial » en 8 parties.

Bonne lecture !

 

Les premiers essais nous avaient conduit sur le canal de Nantes à Brest en 2010, puis la Charente en 2011, l’objectif était la grande boucle d’Alsace en 2012.

Nous avons fixé le départ pour le mois de juillet, animés par un esprit de curiosité, mais aussi de défi.

Départ le 7 juillet de la base Nicols de Saverne avec un Confort 900, les préparatifs sont sobres! chaque année nous emportons le double du nécessaire, mais le plus important, les cartes de voyage pour la partie Moselle Luxembourg et Sarre Allemande, promises par les éditeurs  Français étaient toujours manquantes.

L’intérêt de notre voyage portait surtout sur cette partie du circuit. Le parcours se fera dans le sens Saverne, Nancy, Metz, canal de la Moselle jusqu’à Kons, la Sarre de Kons à Sarreguemines et canal des Houillères jusqu’à la jonction avec le canal de la Marne au Rhin pour rejoindre Saverne, le tout en vingt jours.

 

La première partie du parcours est extraordinaire: la beauté des paysages dans cette partie des Vosges, la grandeur des ouvrages rencontrés: l’ascenseur d’Arzviller, les tunnels qui suivent, Arzviller et Niderviller, l’écluse de Réchicourt, avec son dénivelé de 16m, sont vraiment des constructions d’exception qui méritent une attention particulière.

La suite du parcours fut marquée par les visites de Nancy et Metz où nous avons consacré une journée pour chacune.

 

Nancy, le 9 juillet, arrêt bassin Saint Georges, nous n’avons pas de place aux pontons du port, le capitaine qui nous reçoit fort gentiment, nous propose de nous accoster au quai en face et prendre une place dès le lendemain matin, il nous conseille pour ce soir, une visite de la ville en nocturne; la place Stanislas offre un spectacle son et lumière. Nous ne le manquons pas et nous en prenons plein les yeux , vraiment: c’est à voir. Jeux de lumière sur les murs des immeubles de la place et projections de scènes historiques.A ne pas manquer également de très bons restaurants dans le quartier de la ville vieille, nous avons testé la Gentilhommière, sans regrets et à conseiller.  La visite de la ville passe par l’incontournable place Stanislas, mais il y a beaucoup d’autres monuments à visiter: l’Arc de Triomphe, la Cathédrale  avec ses proportions majestueuses, la Basilique Saint-Epvre dont l’importance des vitraux donne l’impression d’une église sans murs,  le Palais Ducal, les Cordeliers, le Musée des Beaux Arts, le jardin Godron, voila de quoi remplir une bonne journée.

 

Départ de Nancy le 11, passage des ponts levants, après quelques Km nous arrivons à l’écluse de jonction avec la Moselle (PK 154), là nous commençons une navigation en compagnie des bateaux de commerce de grands gabarits (de 135 à 170m.), les écluses de 185x12m sont impressionnantes (surtout avec beaucoup de vent), tout se passe bien avec des grands signes chaque fois que nous croisons un plaisancier, ou un commerce.

 

Arrivée à Metz en fin de journée, nous accostons au port des régates, très bien équipé pour les plaisanciers et un avantage important, la proximité du centre ville. Le capitaine du port est très sympa, et nous procure sur la base de ses documents personnels, les cartes qui nous manquent pour les parties Moselle et Sarre. Nous profitons de cet arrêt pour saluer, Marc, un ancien collègue de travail qui saura nous donner quelques informations pour la visite de la ville. Là aussi une journée complète est nécessaire. A ne pas manquer: la Cathédrale Saint Etienne avec une hauteur de nef de plus de 41m, la surface occupée par les vitraux (6496m²) certains signés Marc Chagall, à voir également l’Arsenal, la gare construite en 1908 avec une architecture riche de symboles pour l’époque, la poste juste en face, le château d’eau, le centre Pompidou dans le même secteur, en revenant au centre ville, face à la cathédrale, le marché couvert où nous avons pu apprécier des étals richement garnis avec un choix de produits locaux très important; à ne pas manquer dans le marché couvert, un déjeuner chez Moricette, une ambiance, la qualité de la réception et le bon goût des produits.

 

Départ de Metz le 13, au sortir de Metz, PK297, une écluse double avec un passage grand gabarit à droite et un gabarit 40x5m à gauche qui semble perdue dans les hautes herbes, après un certain temps d’attente, nous devons aller voir l’éclusier pour qu’il nous fasse passer. Les écluses à suivre sont aux grands gabarits, le passage se fait au bon vouloir des éclusiers: seul ou avec un commerce, si le commerce fait 135m, vous pouvez vous mettre derrière, si c’est un convoi de 170m ou un pétrolier, le commerce sera éclusé seul.

Nous arrivons au passage frontière des trois pays, Schengen, (France Luxembourg, Allemagne), notre arrêt le soir au camping-port de Schwebsange (K238), très bon accueil par Gerhardt, le responsable du port, à cette période le camping organise la fête du port: au menu: grillades Bratwurst mit Pommes et bonne bière, soirée dansante, même si le temps n’était pas très beau, l’ambiance extra. Attention au fioul, Schwebsange est la dernière station carburant jusqu’à Sarreguemines

 

Départ de Schwebsange le 14, nous continuons la descente de la Moselle, au K230, écluse de Polsen: Attention: en arrivant sur l’écluse avec un bateau de tourisme, l’éclusier vous dirige sur une petite écluse latérale (18×3,3m), alors attention à la largeur du bateau avec les pare-battages. Nous avons essayé, mais nous n’avons pas pu. Les éclusiers, du haut de leur mirador devaient bien se marrer. Un marinier montant nous dit de passer par la grande écluse qui semble prête à nous recevoir, mais les feux restent au rouge, nous devons accoster et attendre. un premier commerce arrive et se gare derrière nous, « Avalona », arrive derrière un convoi de 170m qui est prioritaire, nous attendrons donc qu’il soit éclusé et nous nous engagerons derrière le 135m.  Nous profitons du temps de passage du Spéranza pour faire connaissance avec le propriétaire du Avalona, il transporte 1080t de blé chargées à Neuves-Maisons qu’il doit livrer au  nord de l’Allemagne dans trois jours, sa route sera sans arrêts en se relayant avec son épouse pour la conduite, nous parlons également des conditions de transport maritime avec ce genre de bateaux en comparaison avec les gabarits Frécinet que nous voyons en France, les prix de fret pour les gros gabarits sont très bas donc des difficultés de financement et des rentabilités très serrées. Nous passons enfin l’écluse avec l’Avalona que nous suivons sur la descente du fleuve; nous constatons qu’il change régulièrement de bord, en effet en suivant les signaux, il y a des obligations de changement de chenal à respecter, généralement les bateaux montants sont prioritaires dans les courbes et se mettent à l’intérieur de la courbe. Il est fortement conseillé de bien respecter les signaux si l’on ne veut pas se trouver en mauvaise posture face à un commerce.

 

Au K213, une nouvelle écluse au gabarit 18×3,3m, on ne nous y prend plus. Le long de cette descente, les paysages sont magnifiques, collines couvertes de vignes dont les conditions d’exploitation doivent être difficiles à cause de la pente, des partie encaissées, des carrières d’extraction de grès rouge, des forêts… nous suivons la Moselle jusqu’à Kons (K201), sur les conseils de Gerhardt, nous n’irons pas à Trèves du fait des difficultés d’accostage en ville, les bateaux de commerce (hôtels/restaurants) n’étant pas très conciliants avec les plaisanciers. Nous regretterons de ne pas nous être arrêtés à Kons pour faire la visite de Trèves par bus, nous n’étions qu’à quelques km.

 

A Kons nous prenons à droite la Sarre que nous allons remonter. Ecluse au K5, sur cette partie, les écluses pour les petits gabarit font 40×6,75m, donc plus de problèmes… Nous avons pris l’habitude de téléphoner à l’éclusier avant notre arrivée, généralement il nous prépare l’écluse et nous pouvons passer rapidement. Catherine qui est experte en Allemand, se fait un plaisir de discuter avec les éclusiers mais doit apprendre un minimum de terminologie technique (bateau montant, descendant, quai d’attente etc…).

 

Nous arrêtons le soir à Saarburg au Yachthafen Beuring WSC Saarburg, entre le K10 et le K11, sur la rive droite). nous sommes à 20mn à pied du centre ville, une première balade le soir nous permet de faire connaissance avec la ville que nous découvrirons plus en détail le lendemain. Arrêt indispensable, pour un site extraordinaire, la chute d’eau au milieu du village alimentait à l’époque trois moulins transformés aujourd’hui en musées, également une turbine qui alimentait le village en électricité, encore en exploitation ces années dernières.  Les restaurants typiques allemands avec les Flamkuchen, Wurstsuppe, Kartoffelauflauf, un régal et pour finir une dégustation de Apfelstrudel dont la ville revendique la spécialité.

 

Départ de Saarburg le 16 pour Merzick. Arrêt à Mettlach (K31) dans la boucle de Hamm, après avoir passé l’écluse, nous accostons sur la rive droite et allons à pied à Mettlach pour visiter les usines Villeroy et Boch.

Passage de Grosse Saarschleife, entre le K34 et K35, là aussi en montant il faut bien serrer la rive droite (côté gauche pour nous) car le passage est étroit et la courbe très prononcée. Il est possible de faire un arrêt au sortir de la courbe et une randonnée à pied permet d’accéder à un point de vue qui domine ce site « carte postale » de la grande boucle de la Sarre. Arrêt le soir à Merzig au Yachtchafen Merzig (K44). Très bonne table typique au "Merziger Brauhaus", sur le port, où la bière de fabrication maison et les Spätzle avec porc et champignons nous régalent.

 

Départ le 17 pour Sarrebruck, la Sarre est très industrielle, beaucoup de centrales électriques thermiques (ce qui explique le nombre important de convois de charbon), des sites de récupération de métaux divers et des aciéries sur plusieurs km. Incontournable sur le trajet: « Stahwerk Völklingen », six anciens hauts fourneaux en arrêt d’activité; le site est classé Patrimoine Culturel Mondial de l’Unesco. La dernière écluse au grand gabarit est au K82, écluse de Saarbrücken, un détail: l’écluse fait 190x12m mais séparée en deux sas dont un fait 46m, il faut donc avancer dans la première partie pour être éclusé. Nous consacrerons la journée du lendemain à la visite du site de Völklingen.

Après avoir traversé Sarrebruck, nous arrêtons au port de plaisance: Club MBC Sarre où nous faisons connaissance du Capitaine Hannes, accueil en français, dont il est fier, le drapeau Corse flotte sur la marina. Hannes nous explique que l’apprentissage du français s’est fait à Calvi dans un encadrement militaire (nous n’en demanderons pas plus). La marina est un peu isolée de la ville, quelques minutes de marche, le tramway et nous sommes au centre ville. Une bonne journée est nécessaire à la visite, nous commençons par la mairie, nous sommes les seuls touristes mais une personne vient nous accompagner pour nous ouvrir la salle des mariages, nous découvrons une magnifique salle ornée de boiseries très riches mais également les blasons des villes de Nantes, Tbilissi et Cottbus avec lesquelles Sarrebruck est jumelée. La visite des monuments Ludwigskirche, Johanneskirche, le Château, sur la place, le mémorial invisible, le théâtre national et le centre ville où les animations musicales sont à chaque coin de rue. Nous avons  la chance d’admirer le célèbre tableau de Franz Marc : « das blaue Pferdchen » (le cheval bleu), dont on célèbre le centième anniversaire  au Saarlandmuseum.

 

Le lendemain matin, Paul, rencontré à la marina se propose pour nous emmener à Völklingen, nous passerons trois heures dans ce lieu unique. Les hauts fourneaux sont arrêtés depuis plus de vingt ans mais le lieu est resté intact comme si tout s’était arrêté hier.

Beaucoup d’explications jalonnent le parcours, nous découvrons les Atelier de frittage, la salle des minerais, la salle des mélanges, les hauts fourneaux avec leurs systèmes d’alimentation par wagonnets et pour finir la salle des soufflantes où six énormes machines entraînées par les gaz des hauts fourneaux produisaient l’air comprimé d’un côté et de l’autre l’électricité – un circuit génial de l’énergie. Départ de Saarbruck le 20, à la première écluse nous retrouvons un gabarit plus traditionnel pour nous, l’éclusier nous remet la télécommande qui nous servira jusqu’au point de jonction avec le canal de la Marne au Rhin, passage de la frontière. Arrêt à Sarreguemines pour une visite du musée de la faïencerie.Nous rejoignons en fin d’après midi le petit port de Harskirchen, je tiens absolument à faire un arrêt dans cette localité car je souhaite visiter Sarre-Union, là où ont été construit les gazogènes Imbert, si le village est accueillant par ses balcons et ses petites places fleuries, nous ne verrons rien du gazogène. Dommage, il faudra revenir plus tard.

Nous continuons notre retour par le canal des Houillères avec un arrêt le 23 au port de Houillon, nous sommes reçus par le shérif du port, roi de la pétanque et bon vivant, une fois de plus une rencontre agréable. Le lendemain, nous continuons en longeant l’étang de Gondrexange, retour à la jonction avec le canal Marne au Rhin et retour par le même chemin que l’aller jusqu’à Saverne après un arrêt à Lutzenbourg, une visite dans cette petite localité magnifique, une balade au château permet de se refaire les jambes qui n’ont pas trop fatigué depuis plusieurs jours.

 

Saverne, nous passerons deux jours avant notre départ afin de faire quelques visites: le château des Rohan, où très gentiment, malgré la fermeture, la conservatrice va nous faire accompagner afin de visiter la tour d’où l’on domine la ville et le canal, le cloître des Récollets, la Roseraie (malheureusement en mauvais état actuellement), pour finir: un bon restaurant « La Marne », face à l’écluse, avec une bonne choucroute.

Le soir apéro « A la Cave Profonde », accueil très sympathique du patron qui nous fait découvrir les bières locales, nous retenons « la Licorne ».

Après avoir sauvé la vie à un pigeon voyageur (en concours) qui était tombé dans le canal et ne pouvait pas s’en sortir, nous l’avons fait sécher avant qu’il ne reprenne son voyage! Le nôtre était terminé…

 

A la base Nicols, où nous remplissons les documents de retour, notre départ est programmé le lendemain première heure, nous constatons un certain soulagement de la part du responsable qui je pense était certainement inquiet de nous savoir partis pour ce périple de trois semaines dans des conditions de navigation peut être limites pour ce type de bateau.

Tout s’est bien passé et nous sommes très satisfaits et fiers de ce voyage. Malheureusement, très peu de Français rencontrés sur le parcours, des Allemands, Suisses, Belges, Hollandais, sont-ils plus vaillants que nous pour ce genre d’aventure? Oui, la location pour trois semaines est une somme non négligeable, il y a aussi l’obligation du permis pour la navigation Luxembourg/Allemagne, mais quand même cette boucle est tellement extraordinaire, alors :

 

Allez-y. Des sites, des ouvrages, des visites, des découvertes, de la gastronomie, mais aussi des rencontres, des discutions autour des canaux, des bateaux et des origines de chacun: rien ne laisse indifférent.

 

Catherine, Marlène, Jean-Pierre, Bernard

Notre bateau : un Nicols Confort 900

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